lundi 30 juin 2014

PARUTION LE 23 OCTOBRE 2014
 
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D’entre les pierres

Un roman de David Lelait-Helo



Je ne suis pas un homme, pas une femme.
Pas un enfant non plus.
Ni un animal.
Je suis une maison.
Oui, une maison. Avec un toit aux tuiles piquées de mousse couleur topaze, des murs usés, des planchers tannés, un fier escalier aux marches fatiguées, un patio serti de fleurs et coiffé de ciel, des fenêtres pour voir, des rideaux par pudeur et des volets pour le repos du soir. Une vraie maison. Habitée, meublée, aérée, peinte, décorée, chauffée. Aimée aussi. Et vieille (...)  
Les murs ont des oreilles, il faudra vous y faire. Vous l’avez souvent dit, sans jamais y croire. Car vous ne le vouliez pas, mais je vous place aujourd’hui au pied du mur, excusez le jeu de mots, je suis blagueuse (...) Ah si les murs pouvaient parler... Je vous le dis, ils parlent. Haut et clair. Entendez mon langage : mes parquets grincent en mille bavardages, mes boiseries craquent en petits cris et en dépit de mon grand âge, mes fenêtres voient loin, bien au-delà de l’avenue que je borde. Au-delà du temps qui passe et par-delà les siècles. Le passé de ma ville, pourtant tapi dans les profondeurs de la terre, traverse mes fondations, arpente mes planchers, court par les nervures de mes marbres, se frotte au grain de ma pierre. L’Histoire ne s’écrit pas dans les livres, elle se respire. A l’encre et au papier, elle préfère le vent et le sang. La ville et moi faisons depuis si longtemps racines communes que nos sèves ont fini par se mêler, nos mémoires par se confondre.

Une très ancienne maison de Buenos Aires prend la parole qu’on ne lui avait jamais donnée. A l’heure d’être détruite, elle révèle ce qu’elle a vu et gardé trop longtemps secret : le drame de Soledad Salvador, la femme qui aura vécu entre ses murs plus de cinquante ans, un drame qu’elle a été impuissante à empêcher... Au fil de récits de vies, la maison, rescapée de temps révolus, évoque entre rêve et réalité la fondation de la ville cinq siècles plus tôt, l’immigration qui au XIXème siècle a donné le jour à l’Argentine, le mythe Eva Peron, la dictature durant les années 70.
Ce roman traite du lien intime que nous entretenons avec notre décor et des secrets dont regorgent nos vies. Il est un voyage au cœur des mythologies argentines, une rêverie qui renferme de grandes leçons de vie, d’amour et de paix.

David Lelait-Helo, 42 ans, est l’auteur de Poussière d’homme, Sur l’épaule de la nuit, C’était en mai un samedi, de plusieurs livres de contes philosophiques et de nombreuses biographies (Eva Peron, Maria Callas, Barbara, Edith Piaf...)

2 commentaires:

Julien Guilbert a dit…

Captivant du début à la fin.On vit avec Soledad,on vibre entre les pierres de cette maison qui va disparaitre.Mais la fin.....,j'adore.Merci David pour ce beau roman dont on regrette qu'il ne puisse pas voir de suite......quoique!.
Cordialement.
Vital.

gerard bussat a dit…

Bonjour David Lelait-Helo, grace au mag de la sante ai découvert ce livre admirable, "POUSSIERE d'Homme", que j'ai eu bcp de mal à trouver dispo. je vois que vous fréquentez le monde gay, comme moi, lorsque la Maladie emportait tant de jh en qq mois. je suis ébloui, par ce que j'ai pu lire et faire lire , dont des élèvea l'esprit non sectaire,et les réactions sont splendides face à l'intolérance. Cela est un vécu, meme en milieu de cancéreux, car en secteur de V.I.H., je n'ai pas encore, rencontré de tels écrits. merci cher collègue, puisque je fus prof en lycée à lyon 9 ville, avec tant de richesses cachées. cordialement et continuez à nous faire vibrer , avec un style digne des grands prix , non mérités.. gerard bussat 00330450778923 ref fax