mercredi 26 octobre 2011

Interview dans MODES ET TRAVAUX pour Si le bonheur m'était conté

Si le bonheur m'était conté chroniqué dans VEILLEES DES CHAUMIERES

Si le bonheur m'était conté chroniqué dans BIBA

Le magazine Vivre Paris m'a demandé d'écrire un texte sur mon Paris... Le voici!


Un canal, son rivage. Un homme beau, son chien…

Mon Paris, c'est un ciel et un rivage. Je vis en étage élevé, juste là où le ventre du ciel miroite dans le zinc des toits, à deux encablures de la rive droite du Canal Saint Martin. J'aime le traverser là où pivote la rue et se brise le bitume, le temps que voguent les rafiots à touristes. Alors, le pont tournant se tord, se vrille, se contorsionne lentement, s'assouplit doucement, puis dans un joyeux défoulement abandonne ses eaux longtemps contenues. C'est un corps qui balance, un bassin qui s'arrondit… Sur le pont arc-bouté, bras de terre arrondi au dessus des deux rives, les badauds s'offrent une pause, goutent la lenteur du moment. L'agitation parisienne est suspendue et chacun, redevenu un enfant, observe fasciné la danse des eaux, la mécanique des rouages, la rue qui, soudain mobile, comme surgissant d'un songe, fait une roulade pour s'allonger contre le quai.

Ici, alanguie, les pieds dans l'eau, Paris, vieille dame un rien lasse, reprend son souffle et s'invente des rivages. Se peut-il que non loin, au-delà des arbres touffus et des pavés lourds, la ville se jette dans une mer profonde? Incongrue en ville, cette eau qui frémit entre les bruyants faubourgs, le long de vies empilées et cloisonnées, invite à des voyages, à d'autres paysages.

L'été, en plein après-midi, quand le ciel est épais et le soleil trop lourd, que Paris assommée et repue s'endort, je rejoins mon canal. J'avale à pleine bouche l'air frais que me soufflent son eau lisse, ses arbres hauts, verts et denses. Je m'assois sur la margelle du canal, à deux pas de l'eau. Ici la mémoire est vive, parfaitement confortable… Dans la poussière de lumière, dansent les silhouettes d'Arletty et de Louis Jouvet, l'Hôtel du Nord pour décor à leur causerie, plus loin sur le quai, celle de Jean Gabin, patron d'une salle de jeu dans Le Clan des Siciliens. Roule et s'enroule aux courbes du canal le chant d'une fleur de macadam, Edith Piaf… Les mômes de la cloche qui vont faire chaque soir leur turbin le long du Canal Saint-Martin

Un homme très grand, large, si beau, aux cheveux d'argent, aux yeux de ciel clair, marche le long du canal. Comme en apesanteur. Un labrador, lourd, couleur chocolat, lent, ferme son pas, loin derrière. L'homme se retourne, l'appelle, bouscule ses lenteurs. Je m'approche, j'aimerais leur parler, je tends la main pour les frôler, je vais les suivre, ne plus jamais les quitter, remonter avec eux le canal très loin devant, jusque la mer s'il y en a une, jusqu'au ciel s'il le faut. Vers d'autres paysages, sous d'autres soleils. Mais où sont-ils, l'homme et son chien? Je les ai perdus, ou rêvés… Je suis toujours très seul sur le Canal Saint-Martin...
David Lelait-Helo


lundi 10 octobre 2011

Mon Barbara est disponible...

On me demande souvent si mon BARBARA, paru chez Payot en 2007, est disponible. Oui, il l'est en grand format, avant une réédition en poche courant 2012... C'est la sixième biographie que j'ai écrite, la dernière en date, j'ai pour elle une tendresse toute particulière. Parce que le procédé narratif que j'ai employé est particulier, et surtout parce que c'est Barbara...