vendredi 25 novembre 2011

Poussière d'homme en tête des ventes

Grâce aux chroniques de Gérard Collard sur les ondes, à la télévision, Poussière d'homme connaît un nouveau succès. 2 réimpressions en une semaine, et le voici 4 ème des ventes romans Fnac.com. Les lecteurs l'achètent en double, en triple, l'offrent, le partagent... Une belle histoire!!!!!

mercredi 26 octobre 2011

Interview dans MODES ET TRAVAUX pour Si le bonheur m'était conté

Si le bonheur m'était conté chroniqué dans VEILLEES DES CHAUMIERES

Si le bonheur m'était conté chroniqué dans BIBA

Le magazine Vivre Paris m'a demandé d'écrire un texte sur mon Paris... Le voici!


Un canal, son rivage. Un homme beau, son chien…

Mon Paris, c'est un ciel et un rivage. Je vis en étage élevé, juste là où le ventre du ciel miroite dans le zinc des toits, à deux encablures de la rive droite du Canal Saint Martin. J'aime le traverser là où pivote la rue et se brise le bitume, le temps que voguent les rafiots à touristes. Alors, le pont tournant se tord, se vrille, se contorsionne lentement, s'assouplit doucement, puis dans un joyeux défoulement abandonne ses eaux longtemps contenues. C'est un corps qui balance, un bassin qui s'arrondit… Sur le pont arc-bouté, bras de terre arrondi au dessus des deux rives, les badauds s'offrent une pause, goutent la lenteur du moment. L'agitation parisienne est suspendue et chacun, redevenu un enfant, observe fasciné la danse des eaux, la mécanique des rouages, la rue qui, soudain mobile, comme surgissant d'un songe, fait une roulade pour s'allonger contre le quai.

Ici, alanguie, les pieds dans l'eau, Paris, vieille dame un rien lasse, reprend son souffle et s'invente des rivages. Se peut-il que non loin, au-delà des arbres touffus et des pavés lourds, la ville se jette dans une mer profonde? Incongrue en ville, cette eau qui frémit entre les bruyants faubourgs, le long de vies empilées et cloisonnées, invite à des voyages, à d'autres paysages.

L'été, en plein après-midi, quand le ciel est épais et le soleil trop lourd, que Paris assommée et repue s'endort, je rejoins mon canal. J'avale à pleine bouche l'air frais que me soufflent son eau lisse, ses arbres hauts, verts et denses. Je m'assois sur la margelle du canal, à deux pas de l'eau. Ici la mémoire est vive, parfaitement confortable… Dans la poussière de lumière, dansent les silhouettes d'Arletty et de Louis Jouvet, l'Hôtel du Nord pour décor à leur causerie, plus loin sur le quai, celle de Jean Gabin, patron d'une salle de jeu dans Le Clan des Siciliens. Roule et s'enroule aux courbes du canal le chant d'une fleur de macadam, Edith Piaf… Les mômes de la cloche qui vont faire chaque soir leur turbin le long du Canal Saint-Martin

Un homme très grand, large, si beau, aux cheveux d'argent, aux yeux de ciel clair, marche le long du canal. Comme en apesanteur. Un labrador, lourd, couleur chocolat, lent, ferme son pas, loin derrière. L'homme se retourne, l'appelle, bouscule ses lenteurs. Je m'approche, j'aimerais leur parler, je tends la main pour les frôler, je vais les suivre, ne plus jamais les quitter, remonter avec eux le canal très loin devant, jusque la mer s'il y en a une, jusqu'au ciel s'il le faut. Vers d'autres paysages, sous d'autres soleils. Mais où sont-ils, l'homme et son chien? Je les ai perdus, ou rêvés… Je suis toujours très seul sur le Canal Saint-Martin...
David Lelait-Helo


lundi 10 octobre 2011

Mon Barbara est disponible...

On me demande souvent si mon BARBARA, paru chez Payot en 2007, est disponible. Oui, il l'est en grand format, avant une réédition en poche courant 2012... C'est la sixième biographie que j'ai écrite, la dernière en date, j'ai pour elle une tendresse toute particulière. Parce que le procédé narratif que j'ai employé est particulier, et surtout parce que c'est Barbara...

mercredi 27 juillet 2011

19 octobre 2011 Nouveau livre Si le bonheur m'était conté 50 leçons de sagesse du monde entier aux éditions Payot


Si le bonheur m’était conté…
50 leçons de sagesse du monde entier

 Les contes sont des bulles d’air, des éclats de lumière et d’infinis territoires de poésie. Ils nous guident, dénouent en toute simplicité nos contradictions et réparent nos peurs. Traditions yiddish, tsigane, arabe ou africaine, légendes d’Amérique latine ou d’Inde, leçons de sages chinois ou apaches, philosophie gréco-latine… Le bonheur est là, à portée de mots, à fleur de peau et d’âme, sur le fil d’histoires qui nous tirent les larmes ou nous font éclater de rires, mais nous portent toujours à réfléchir et à faire notre chemin.

Les paroles de quelque voyageur s’étaient échouées sur un rivage, celles de quelque sage agrippées aux épaules du vent ou enroulées dans des perles de pluie. Les voici recueillies, enjolivées, réinventées. Ne vous étonnez pas que les rois parlent aux fourmis, que les oiseaux soient plus sages que les hommes ou que le ciel se montre bavard… Ne vous étonnez de rien car, dans la langue des contes, rien n’est impossible !

Au gré de ce voyage vers le bonheur, quittez le réel et suivez des chemins oubliés, ne craignez pas de vous en laisser conter…


lundi 28 février 2011

Annie Girardot La magnifique, Nous deux, 15 mars 2011


Annie Girardot

La magnifique !

En 1998, notre journaliste David Lelait-Helo rencontrait Annie Girardot pour Nous deux. Un rendez-vous qu’il n’a jamais oublié.  Tandis qu’elle nous a quittés le 28 février, il se souvient…

Bouleversée et bouleversante…
Cet été 1998, je me rendais chez son agent artistique interviewer Annie Girardot. Avec cette appréhension qui vous file les mains moites et la bouche pâteuse… Je n’ai alors que 26 ans, mais je sais quelle grande dame du cinéma elle est. J’ai dans la tête et au cœur de nombreuses images.... Son indéfinissable gouaille dans les films d’Audiard, Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas mais elle cause puis Elle cause plus, elle flingue, son interprétation passionnée de Gabrielle Russier dans Mourir d’aimer, sa déchirante dignité dans Docteur Françoise Gailland. Tandis que j’approche du lieu de rendez-vous, je repense à cette soirée des Césars vraiment pas comme les autres, deux ans plus tôt : tailleur noir parsemée de figures géométriques blanches, parure de bijoux sertis de strass, ça ne lui ressemblait guère… « Je ne sais pas si j’ai manqué au cinéma ? A moi, le cinéma français a manqué follement, éperdument, douloureusement… Votre témoignage, votre amour, me montre que, peut-être, je ne suis pas encore tout à fait morte» avait-elle lancé, yeux baissés, baignés de larmes. C’est cette femme vibrante, bouleversée et bouleversante, que je vais rencontrer…

Ces yeux-là vous attrapent pour ne plus vous lâcher…
Interviewer une actrice est un exercice souvent périlleux. Habituée à composer, elle ne se donne pas facilement. Elle tergiverse, joue les coquettes ou les fausses modestes. La femme qui s’avance, petite, mince, si fragile, au bord de se rompre, est tout l’inverse. Celle-ci n’est pas une joueuse, elle est ! Ces yeux-là vous attrapent pour ne plus vous lâcher… Une heure et demi passe sans que l’on se lâche, ni des yeux ni du cœur. Elle est en retard, s’excuse, blague, m’étreint. On ne se connaît pas, et alors ? Elle n’a pas eu le temps de déjeuner, une soupe hiophilisée suffira. Un distributeur crache sa poudre, son eau chaude, et Annie Girardot feint de se régaler. Pas de chichi ! Quelle actrice avalerait pareille décoction ? Aucune ! Je suis le énième journaliste d’une carrière longue comme un jour sans pain, pourtant à cet instant, je suis le seul. La main sur le cœur, elle évoque Renato, le père de sa fille, son « bonhomme » comme elle dit, celui de vertigineux bonheurs, de chagrins abyssaux. Des larmes dans les yeux, ses mains maigres et veinées papillonnant autour d’elle, elle redonne vie à sa maman, une sage-femme comme il n’en existe plus, une « femme courage ». Je suis émerveillé.

Une femme en urgence, en détresse, en amour…
Quel regard portez-vous sur votre carrière ? osai-je. Aucun ! s’emporte-t-elle. Le passé, les souvenirs, la gloire, elle s’en fout. Et dire que deux ans plus tard, elle commencerait à perdre des bribes de sa vie, le fil de ses souvenirs, jusqu’à un jour oublier qu’elle fut actrice, la plus grande. Avant de nous quitter, nous évoquons L’âge de braise, son dernier film tourné au Canada, l’histoire d’une femme qui chemine vers la mort. Je lui apprends sa prochaine sortie en France. Elle l’ignorait, me saute au cou en pleurant, me tutoie soudain… « Si tu savais comme je suis contente, ça va me faire des petits sous » me dit-elle. C’est cela Annie Girardot, une femme en urgence, en détresse, en amour. Je me souviendrai longtemps de vous…

David Lelait-Helo